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mardi 22 janvier 2008

J255 – COLOMBIE

PAMPLONA – SAN ANTONIO
Réveillé : 5h
Départ : 7h45
Distance parcourue : 80 km
Distance totale : 14’687 km
Temps :
3h40
Météo : soleil
État physique : bien
Moral : au top
Couché : 22h30

Menu du jour: Fruits (ananas, mandarines), Légumes (tomates, oignon, ail), Hydrates de carbone (biscuits, pain intégral, riz), Protéines (fromage), Graisses (huile d’olive), Divers (cassoulet).

Résumé de l’étape: Les nouvelles à la télé ne sont pas encourageantes, la situation entre la Colombie et Venezuela se dégrade de jour en jour, suite au litige entre les deux présidents. J’espère ne pas me retrouvé coincé à la frontière.

Le parcours: PamplonaSan Antonio del Táchira.
Que de la descente, et ça va vite...
…je veux être à midi à la frontière, pour me laisser du temps, au cas où il faut faire la queue.
Dans la banlieue de Cúcuta j’offre à Picirelo son dernier fruit colombien, avec la monnaie qui me restait.
Comme je me l’ai bien imaginé, à la frontière c’est la pagaille générale. On se pousse on se bouscule tout le monde veut passer au plus vite…mais le plus rapide cette fois c’est Picirelo.
Avec Lublack on se faufile, comme on veut, entre les véhicules devenus statiques.

VENEZUELA
Me voilà au Venezuela, ultime pays de l’Amérique Latine. Il me reste environ 900km jusqu’à Caracas en suite je quitterai ce continent pour m’attaquer au troisième, l’Amérique Centrale, en commençant par le Panama.
En attendant il faut se trouver un logement.
J’ai trouvé une petite chambre dans l’Hôtel Villa Heroica.
Après une bonne douche froide j’ai amené Picirelo chez le coiffeur…lui donner un aspect plus humain et bavarder avec mon premier vénézuélien.

lundi 21 janvier 2008

J254 – COLOMBIE

PICACHA - PAMPLONA
Réveillé : 5h20
Départ : 9h10
Distance parcourue : 50 km
Distance totale : 14’607 km
Temps : 6h
Météo : soleil et froid 8°C
État physique : fatigué
Moral : au top
Couché : 23h

Menu du jour: Fruits (bananes, mandarines, mangue), Légumes (tomates, oignon), Hydrates de carbone (biscuits, yucca, pain intégral, riz), Protéines (fromage), Graisses (huile d’olive), Divers (soupe de pommes de terres).

Résumé de l’étape: Quel froid horrible dans ces montagnes, je pense qu’on est proche de 0°C pendant la nuit. J’ai dormi avec tous mes vêtements et la cagoule. Trois couvertures ont été nécessaires, pour ne pas avoir froid, durant la nuit. Ce matin j’ai qu’un envie, m’en aller au plus vite…et ceci malgré la fatigue. Cependant avant de partir j’ai du réviser mes freins, et j’ai bien fait, ceux de l’arrière étaient cuits.

Le parcours: Picacho - Pamplona.
Retardé dans mon élan par le changement des freins j’ai même refusé le petit-déjeuner que le gentil patron de la pension (la maison sur la gauche) voulait m’offrir.
15km plus loin je suis arrivé à Berlin, l’unique village de ces sommets. J’ai acheté des bananes, plusieurs montes m’attendent sur le parcours d’aujourd’hui…quelle joie !
Il n’y a pas que le froid qui me rappelle la Bolivie, les paysages sont très similaires aussi.
J’ai beaucoup réfléchi à ce qui s’est passé hier, la rencontre d’Alvaro en suite de la famille Colombra. Je sais, ce que ça veut dire d’avoir faim. Surtout quand on est en plein effort physique, et si un inconnu a la gentillesse de partager avec vous, le peu de nourriture qui lui reste, toute en sachant qu’il en aurait besoin, dans très peu de temps, pour sa survie…veut tout dire sur la personne en elle-même.
Quelle leçon de vie… ! J’avoue que j’ai pleuré et maintenant je me fais vraiment des soucies pour ce petit bonhomme avec un cœur plus grand que lui. De telles conduites vous marquent à vie.
Quand la pluie a commencé je n’ai plus revu Alvaro.
Aujourd’hui j’ai demandé à plusieurs personnes s’ils l’ont vu passer…mais rien…j’espère quand même qu’il n’a pas passé la nuit dehors.
Finalement, après plusieurs pénibles montées commencent la descente tant attendue.
…qui m’a permis d’arriver rapidement à Pamplona (2200m), une petite ville du département du Nord de Santander.
Picirelo attirent les regards, la preuve qu’on ne voit pas passer tous les jours des spécimens de ce type. Encore congelé j’ai qu’un seul envie de me trouver au plus vite un logement.
J’ai dormi à l’Hôtel Cooptmotilon.

dimanche 20 janvier 2008

J253 – COLOMBIE

BUCARAMANGA - BERLIN
Réveillé : 5h30
Départ : 7h30
Distance parcourue : 50 km
Distance totale : 14’527 km
Temps : 6h
Météo : nuageux AM, pluie et froid PM
État physique : au top
Moral : au top
Couché : 22h

Menu du jour: Fruits (bananes, mandarines, poire, fruit de la passion), Légumes (carottes, tomate, poivron), Hydrates de carbone (biscuits, yucca, pain), Protéines (œufs), Graisses (huile d’olive), Divers (soupe aux légumes).

Résumé de l’étape: Le moment de changer le pneu arrière est arrivé. Comme j’ai 50km de pure et dure ascension, prévus pour aujourd’hui, tout poids inutile doit être abandonné. La nourriture et l’eau seront calculées au plus juste. Je n’ai jamais monté autant de kilomètres en une fois, et le défi me parait un peu démesuré. On passe de 1000m à 3500m, sans aucun morceau de plat ou de descente.

Le parcours: Bucaramanga - Picacho.
Loin du vacarme urbain, elles ruminent sereinement leur petit déjeuner, impassibles à l’effort que les cyclistes font sur la route. Je ne suis pas tout seul, malgré l’heure matinale, il y a une multitude d’autres cyclistes qui s’attaquent à la montagne.
J’ai décidé que tous les 5km je m’arrête pour manger un peu. Alors pendant ma pause, au kilomètre 25 arrive Alvaro, parti lui aussi ce matin de Bucaramanga. Il pèse à mon avis 45kg, que de la pure fibre, mais il faut le voir marcher…une véritable flèche.
Tous les 5km on s’est croisé car il ne s’arrêtait jamais. Impressionnant le petit bonhomme, parti de Medellin à pied, avec l’espoir d’une meilleure vie à Cúcuta.
Plus pauvre que pauvre il passe ses nuits où il peut et comme personne ne veut le prendre en voiture il continue à pied. Il n’a rien à manger si ce n’est qu’une « brique » de sucre de canne, dont il me propose une partie, en me disant que c’est ça qui donne la force.
Je refuse gentiment, en suite il s’en va à nouveau.
Le problème devient un peu critique car je n’ai plus que 4 carottes et 600ml d’eau et il n’y a plus de kiosques nulle part. Je me recroise avec Alvaro et comme il était plus mort que vivant j’ai du lui donné 2 carottes et la moitié de l’eau.
Quand je suis arrivé au kilomètre 40, Alvaro était déjà là en trains de savourer le délicieux repas…
…que la très aimable famille Calambra (Maritza et Eduard) lui avait offert.
Pendant mon repas, qu’ils ont voulu absolument m’offrir, on me parle de la vie à cette altitude, 2800m et leur choix de s’être installé ici.
Je ne peux pas trop tarder car la route est encore longue mais j’apprends qu’ils ont un enfant de 3 ans qui est né avec une petite malformation aux oreilles et qu’ils sont à la recherche d’un médecin pour qu’on l’opère.
Chose très difficile en Colombie car il faut payer l’opération et le cout dépasse leurs moyens financier.
A partir de 3000m, même en Colombie, il vaut mielleux avoir une bonne fourrure.
Et comme le froid ne suffisait pas, voilà que la pluie s’y mêle aussi.
Au sommet à 3500m j’apprends que je dois encore rouler pendant 20km à cette altitude en suite ça remonte encore à 2 reprises avant de commencer la descente vers Cúcuta, la dernière ville de Colombie.
Malgré le froid, j’ai perdu 30°C en une journée, il faut passer la nuit ici à l’Hospedaje Picacho.

samedi 19 janvier 2008

J252 – COLOMBIE

LA LIZAMA - BUCARAMANGA
Réveillé : 5h
Départ : 9h10
Distance parcourue : 26 km
Distance totale : 14’477 km
Temps :
2h
Météo : soleil, ~40°C
État physique : bien
Moral : au top
Couché : 22h

Menu du jour: Fruits (bananes, mandarines), Légumes (carottes), Hydrates de carbone (biscuits, yucca, riz, cassoulet), Protéines (viande de porc), Graisses (huile d’olive), Divers (coca cola light).

Résumé de l’étape: Les bestioles dans mon ventre continuent à me rendre la vie difficile. Ce matin j’ai fini le bol de riz que j’ai acheté hier soir. Picirelo est descendu à 69kg, rien d’inquiétant pour le moment, la limite minimum étant à 68kg. J’espère qu’il se débarrassera au plus vite, à l’aide des antibiotiques, des aliens et qu’il retrouve son appétit d’ogre.

Le parcours: La LizamaBucaramanga (26km en vélo).
Le problème c’est quaujourd’hui commence la montagne, la traversée de la Cordillère Orientale.
J’ai la chance de pouvoir manger des fruits, en revanche tout produit laitier est strictement interdit, selon le médecin.
L’autostop se fait de l’autre côté…et j’y crois pas ça a marché, une voiture m’a amené jusqu’à Bucaramanga. Le conducteur, Christian, c’est le patron d’un hôtel dans les hauteurs de Bucaramanga. On a rapidement sympathisé et il me dit quaujourd’hui c’est mon jour de chance. Il m’a invité au restaurant où il m’a presque obligé à manger un steak aussi grand que mon assiette. En suite il m’annonce que je serai logé gratuitement dans son hôtel.
Voilà de quelle manière on vous kidnappe en Colombie.

Giron est un village espagnol avec des maisons coloniales, très pittoresque.
Christian voulait absolument me le montrer, avant d’arrivé à son hôtel à la sortie de Bucaramanga, d’où on a cette superbe vue sur la totalité de la ville.
Il me montre ses trésors…terrestres et…
…extraterrestre…c’est le plus grand météorite, des trois, qui sont tombés dans son champ.
J’ai passé une très agréable journée en sa compagnie et sincèrement ça me manquait ce type de rencontre.

vendredi 18 janvier 2008

J251 – COLOMBIE

PUERTO ARAUJO - LA LIZAMA
Réveillé :
6h30
Départ : 8h30
Distance parcourue : 95 km
Distance totale : 14’451 km
Temps : 5h40
Météo : soleil, ~40°C
État physique : bien
Moral : au top
Couché : 21h

Menu du jour: Fruits (bananes, oranges), Légumes (petit-pois), Hydrates de carbone (biscuits, yucca, riz), Protéines (thon), Graisses (huile d’olive), Divers (soupe d’avoine).

Résumé de l’étape: Au restaurant de l’hôtel j’ai pu manger, hier soir, un très bon repas. Composé d’une soupe aux légumes et du riz. Seulement qu’en revenant dans la chambre, une nuit d’enfer a commencé.
Tout s’est mis à fermenter dans mes entrailles et des gaz nauséabonds sortaient des deux côtés. J’ai compris que, la situation critique que Picirelo traverse, est du à l’eau que j’ai du boire ces jours, ce qui fait que j’ai attrapé des bactéries.

Le parcours: Puerto Araujo – La Lizama.
J’ai passé presqu’une nuit blanche, comme j’avais la télé j’ai pu voir mes joueurs favoris de tennis, J.Hennin et Nadal, massacrer leurs adversaires.
Ceci m’a fait oublier par moment ma douleur. J’ai quitté ma chambre plus mort que vivant, mais il me faut absolument une pharmacie pour tuer les aliens qui massacrent mes entrailles.
J’allais tellement vite que je me suis fais rattrapé par ce gamin qui allait aider son papa dans les champs.
Par chance sur la route j’ai trouvé un dispensaire où j’ai pu voir un médecin qui m’a confirmé que j’ai des bactéries dans le ventre.
Il m’a prescrit deux antibiotiques (metronidazol, trimetroprima) à prendre pendant 5 jours.

J’ai perdu mon couteau Rolex au Pérou et depuis je m’embête à éplucher mes fruits avec mon couteau suisse, qui n’ai pas vraiment pratique pour cette opération.
Ici j’ai pu affuter un couteau que j’avais acheté dans une quincaillerie.
La meule tournée tellement rond…que j’ai du garder mon casque…au cas où….
Je savais que Picirelo étais sacrement endurant, mais là…j’avoue qu’il me surprend.
Ça fait 6 jours qu’il mange que de la m…sans parler de la diarrhée qui lui quitte le peu d’énergie qui lui reste. Je ne sais pas où il puise cette ultime énergie mais il avance…péniblement mais il avance.
Les circonstances ont fait qu’on ne peut pas s’arrêter nulle part.
Des bus il n’y a pas, en autostop personne ne veut nous prendre. L’unique solution c’est le vélo.
A pied je ne pourrais pas, car les coliques m’empêche de me mettre debout.
Plus que content de trouvé l’Hospedaje La Lizama au bord de la route…bonne nuit.

jeudi 17 janvier 2008

J250 – COLOMBIE

PUERTO SERVIES – PUERTO ARAUJO
Réveillé : 5h
Départ : 9h
Distance parcourue : 72 km
Distance totale : 14’356 km
Temps :
4h20
Météo : soleil, ~40°C
État physique : bien
Moral : bien
Couché : 2h

Menu du jour: Fruits (bananes, oranges), Légumes (petit-pois, tomate), Hydrates de carbone (biscuits, pain intégral de soya, riz), Divers (soupe aux légumes).

Résumé de l’étape: Depuis 3 jours il pleut chaque fois pendant la nuit, c’est génial, au moins avec la météo j’ai de la chance. Ce matin je me suis réveillé avec une faim affreuse, heureusement que j’avais les bananes d’hier soir, en attendant que le supermarché ouvre.

Le parcours: Puerto Servies – Puerto Araujo.
Des buffles…je crois que je pourrais manger 3 pizzas « a la mozzarella di bufalla »…si seulement j’étais en Italie !
Presque toutes les routes en Colombie ont comme une espèce de piste cyclable sur laquelle je peux rouler en lisant sans trop de souci.
Je suis à mon dernier livre en espagnol, et bientôt il va falloir en racheter. Selon mes calculs d’ici que je passe à l’anglais, il me faut de quoi m’entretenir pendant minimum 2 mois.
L’Hôtel El Tropical est au bord de la route, mais comme il est neuf…il a des fenêtres en meilleures état.
Je ne suis pas le seul à apprécier un peu de propreté…maintenant va t’en et laisse Picirelo prendre sa douche tranquille.

mercredi 16 janvier 2008

J249 – COLOMBIE

PUERTO LIBRE – PUERTO SERVIES
Réveillé : 5h10
Départ : 7h30
Distance parcourue : 70 km
Distance totale : 14’284 km
Temps :
4h20
Météo : soleil, ~40°C
État physique : fatigué
Moral : bien
Couché : 21h30

Menu du jour: Fruits (pastèque, banane), Légumes (tomates, carottes, petit-pois), Hydrates de carbone (biscottes de yucca, pain intégral de soya, arepas), Protéines (fromage, viande de bœuf), Divers (repas typique colombien).

Résumé de l’étape: Ces pensions au bord de la route sont vraiment à éviter à tout prix. Seulement que, hier je n’ai pas eu le choix, et voilà que j’ai du subir la loi des poids lourds pendant toute la nuit. Le bruit qu’ils font est tellement agaçant que ça vous met de très bonne humeur le matin.

Le parcours: Puerto Libre – Puerto Servies.
Le problème est qu’à partir de maintenant les villages se font rare, et avec un Picirelo en mauvaise forme, je ne sais pas vraiment jusqu’où on pourra aller.
Bien que ce soit une race à part, un taureau sans cornes est vraiment pas beau. De même qu’un Picirelo sans énergie. Il faut lui trouver un logement, il recule plus qu’il avance.
Au bord de la Magdalena, j’ai trouvé ce petit village, Puerto Servies qui ne figure même pas sur ma carte. Après avoir entassé le tout dans une minuscule chambre à l’Hospedaje Orion, Picirelo s’est endormi.
Il a mangé une spécialité colombienne au resto du coin…qu’il n’oubliera pas d’ici tôt.
J’espère que ça ne va pas lui redonner la diarrhée.
Au réveil on est allé faire un tour dans le village. Je viens d’apprendre que le volcan de Pasto, la ville par où je suis passé a eu une éruption.
Mais oui monsieur, j’aimerai bien manger du poisson mais comment le cuisiner…
Comme dans chaque village l’armée est omniprésente. Je pense qu’il n’a pas trop aimé, Monsieur le General, que je le prenne en photo…mais comme il est occupé au téléphone, j’ai profité pour m’éclipser en vitesse.
Allons voir ce qu’on trouve au supermarché. No coment. Je connais des gens « tellement délicats » que seulement d’y avoir rentré…aurait des problèmes de ventre.
Avec quelques carottes, 4 bananes et une conserve de petit pois on retourne dans la chambre. Picirelo ne veut même pas entendre le mot nourriture…le déjeuner lui donne encore des nausées.