
Le parcours:
Bucaramanga -
Picacho.

Loin du vacarme urbain, elles ruminent sereinement leur petit déjeuner, impassibles à l’effort que les cyclistes font sur la route. Je ne suis pas tout seul, malgré l’heure matinale, il y a une multitude d’autres cyclistes qui s’attaquent à la montagne.

J’ai décidé que tous les 5km je m’arrête pour manger un peu. Alors pendant ma pause, au kilomètre 25 arrive
Alvaro, parti lui aussi ce matin de
Bucaramanga. Il pèse à mon avis 45kg, que de la pure fibre, mais il faut le voir marcher…une véritable flèche.

Tous les 5km on s’est croisé car il ne s’arrêtait jamais. Impressionnant le petit bonhomme, parti de
Medellin à pied, avec l’espoir d’une meilleure vie à
Cúcuta.

Plus pauvre que pauvre il passe ses nuits où il peut et comme personne ne veut le prendre en voiture il continue à pied. Il n’a rien à manger si ce n’est
qu’une « brique » de sucre de canne, dont il me propose une partie, en me disant que c’est ça qui donne la force.
Je refuse gentiment, en suite il s’en va à nouveau.

Le problème devient un peu critique car je n’ai plus que 4 carottes et 600ml d’eau et il n’y a plus de kiosques nulle part. Je me recroise avec
Alvaro et comme il était plus mort que vivant j’ai du lui donné 2 carottes et la moitié de l’eau.

Quand je suis arrivé au kilomètre 40,
Alvaro était déjà là en trains de savourer le délicieux repas…

…que la très aimable famille
Calambra (
Maritza et
Eduard) lui avait offert.
Pendant mon repas, qu’ils ont voulu absolument m’offrir, on me parle de la vie à cette altitude, 2800m et leur choix de s’être installé ici.

Je ne peux pas trop tarder car la route est encore longue mais j’apprends
qu’ils ont un enfant de 3 ans qui est né avec une petite malformation aux oreilles et
qu’ils sont à la recherche d’un médecin pour
qu’on l’opère.
Chose très difficile en Colombie car il faut payer l’opération et le
cout dépasse leurs moyens financier.

A partir de 3000m, même en Colombie, il vaut mielleux avoir une bonne fourrure.

Et comme le froid ne suffisait pas, voilà que la pluie s’y mêle aussi.
Au sommet à 3500m j’apprends que je dois encore rouler pendant 20km à cette altitude en suite ça remonte encore à 2 reprises avant de commencer la descente vers
Cúcuta, la dernière ville de Colombie.
Malgré le froid, j’ai perdu 30°C en une journée, il faut passer la nuit ici à l’
Hospedaje Picacho.